La finance verte : Comment investir dans la transition énergétique ?

Dernière mise à jour le 28 septembre 2020

Le monde de la finance traditionnelle tel qu’on le connait ne prend en compte que la rentabilité des projets sans inclure l’aspect écologique des investissements.

Depuis le début des années 2000, la question de l’investissement durable et éco-responsable intéresse de plus en plus les épargnants.

Nous sommes en effet arrivés à un stade critique concernant les enjeux climatiques et environnementaux, pour lesquels il est nécessaire d’agir. La finance verte fait partie de ces moyens d’actions.

Qu’est-ce que la finance verte ?

La finance verte, également appelée finance durable (ou responsable), désigne les actions et opérations financières encourageant le progrès environnemental.

La finance verte choisit notamment de favoriser la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique.

Elle s’inscrit dans le cadre de l’Investissement Responsable (IR) qui a pour but de faire inclure dans les flux financiers les critères environnementaux mais aussi humanistes.

Ce type d’investissement éco-responsable a donc pour objectif de contribuer à développer une économie durable, notamment en soutenant les projets ne portant pas atteinte à l’environnement.

La finance verte est en plein essor depuis la signature des accords de Paris sur le climat.

Ces accords spécifient notamment la compatibilité des flux financiers avec la lutte contre le réchauffement planétaire et l’adaptation aux changements climatiques.

Les opérations financières durables portées par la finance verte prennent place dans différents secteurs économiques (assurances, immobilier, transports, financement d’éco-innovations, plans d’épargne…).

En plein développement, la finance verte nécessite toutefois un cadre structurant plus rigide permettant de diffuser plus concrètement les bonnes pratiques qu’elle recommande et qu’elle choisit de favoriser.

Finance verte : les différents outils

La finance verte est un terme général englobant tout un ensemble de mécanismes permettant de soutenir la transition énergétique par le biais des flux financiers dans divers secteurs.

Elle utilise pour cela plusieurs outils, qui sont en constante évolution.

Les obligations vertes

Il s’agit de l’outil principal de la finance verte. Les obligations vertes, ou « green bonds » en anglais, servent à rendre les entreprises « eco-friendly » reconnaissables auprès des investisseurs, dans le but de permettre à ces derniers d’investir dans des sociétés respectueuses de l’environnement.

Les obligations vertes permettent ainsi de financer les initiatives qui participent à la lutte contre le réchauffement climatique et/ou à la transition énergétique.

Grâce aux green bonds , les investisseurs peuvent mesurer l’empreinte carbone des entreprises composant leurs portefeuilles et choisir de désinvestir sur les sociétés les plus polluantes ou néfastes pour l’environnement.

Au lieu d’opter directement pour le désinvestissement, les investisseurs peuvent également choisir d’engager le dialogue avec les sociétés concernées afin de les inciter à revoir leurs engagements écologiques en cohérence avec les accords de Paris.

Par le biais des obligations vertes, les entreprises sont donc amenées à changer leur ligne environnementale et à transiter vers des pratiques favorables au progrès écologique.

La première obligation verte voit le jour en 2008, mise en place par la Banque Mondiale.

Plus de 12 ans après, la croissance des green bonds a explosé et représente aujourd’hui un marché de plus de 160 milliards d’euros.

Le marché Carbone

Autre important mécanisme de la finance verte, le marché Carbone prend la forme d’un système d’échange de quotas d’émissions de CO2.

Cet outil a vocation à inciter les entreprises à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre en leur allouant des droits à polluer payants.

Plus elles polluent, plus les entreprises sont donc contraintes à acheter des quotas supplémentaires auprès d’autres entreprises qui en disposent.

Ces acteurs de l’économie française et mondiale sont ainsi invités à réduire leurs taux de pollution en échange d’avantages financiers.

Le Bonus-malus écologique

Le bonus-malus écologique vient inscrire la finance verte dans le secteur de l’automobile, les transports étant responsables en grande partie du réchauffement climatique et de la pollution en général.

Cet outil vise à inciter les acheteurs à se tourner vers des véhicules peu polluants. Comment ?

Tout simplement en augmentant le prix d’achat des véhicules les plus polluants et en allégeant celui des véhicules qui polluent moins.

Le bonus dédié aux véhicules les plus favorables à l’environnement est intégré directement dans le coût d’achat, tandis que le malus prend la forme d’une taxe ajoutée à la carte grise par le concessionnaire et à payer au moment de la première immatriculation du véhicule.

Les placements et travaux verts

Via ce mécanisme de finance verte, les contribuables sont incités à améliorer le rendement énergétique de leur habitation et/ou à favoriser les énergies durables en bénéficiant d’avantages fiscaux pour les travaux d’amélioration énergétique.

Comment investir dans la finance verte ?

Investir son argent dans des projets durables et éco-responsables est un enjeu majeur de notre époque. Cette question prend plus en plus d’ampleur en France.

Pour preuve, selon un rapport de 2018 publié par le FIR, pas moins de deux tiers des épargnants français affirment leur préoccupation face aux enjeux environnementaux actuels et souhaitent pouvoir placer leur argent de façon responsable.

Agir en faveur de l’environnement et du futur de notre planète passe donc notamment par des investissements réfléchis, qui ne constituent pas seulement un rendement mais respectent aussi l’environnement tout en participant au progrès écologique.

L’investissement socialement responsable (ISR)

Les fonds labellisés ISR constituent des moyens d’investissement responsable pour les particuliers.

Ce label créé en 2016 garantit que le produit n’intègre pas seulement un critère de rendement mais aussi des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (critères ESG).

Les fonds labellisées ISR se retrouvent dans certaines assurances-vie, PEA (plans d’épargne en actions), épargnes retraites ou épargnes salariales.

Votre conseiller bancaire ou votre conseiller en gestion de patrimoine saura vous aider à lister l’ensemble des fonds labellisés ISR susceptibles de vous intéresser.

La liste complète des fonds ISR peut également être consultée sur le site de Novethic.

Il existe également d’autres labels de la finance verte sur lesquels s’appuyer, comme le label TEEC (Transition Ecologique et Énergétique pour le Climat et nouvellement appelé Greenfin).

L’investissement immobilier éco-responsable

Le secteur de l’immobilier représente environ 30 % des émissions carbone en France. Il est donc judicieux, si l’on souhaite investir dans l’immobilier, de choisir des projets favorisant la réduction de cet impact.

De nombreux fonds d’investissement immobiliers répondent aux normes de qualité du marché tout en incluant une démarche environnementale importante.

L’épargne solidaire

Pour investir dans la finance durable, vous pouvez aussi choisir de placer votre argent via des supports d’épargne servant à investir dans des initiatives solidaires.

C’est par exemple le cas des plans d’épargne labellisés Finansol.

Il est également possible d’opter pour l’épargne de partage consistant à allouer une partie de ses intérêts à des associations et autres organismes agissant pour l’écologie et/ou l’humanisme.

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