Premier visa de l’AMF pour une ICO, un tournant pour les cryptomonnaies ?

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Le 17 décembre, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) délivrait son premier agrément autorisant une levée de fonds en cryptomonnaies.

Grâce à une réglementation moderne et volontairement souple, la France entend encourager la méthode de financement « Initial Coin Offering ».

Une bonne nouvelle pour ceux qui souhaitent investir par le biais des cryptomonnaies.

Les cryptomonnaies, un marché fragmenté

Pour beaucoup, les cryptomonnaies se résument au Bitcoin.

Cette conception totalement réductrice fait fi des 5000 autres jetons en circulation. Actuellement, le marché des cryptomonnaies peut se diviser en deux grandes catégories.

D’un côté il y a les les cryptomonnaies bien établies comme le Bitcoin ou l’Ethereum par exemple.

Il est possible d’acheter ces cryptomonnaies sur des plateformes de trading et de les intégrer dans un portefeuille d’investissement au côté d’actions ou d’indices boursiers.

Certaines de ces cryptomonnaies comme le jeton EOS par exemple ont été émises dans le cadre d’un Initial Coin Offering (ICO).

À l’époque, l’ICO d’EOS avait d’ailleurs atteint un montant record de 4 milliards de dollars.

Cependant, la majorité des principales cryptomonnaies n’ont pas été créées par l’entremise d’un ICO.

De l’autre côté, il y a la multitude de jetons qui ont été proposés dans le cadre d’un Initial Coin Offering.

Ces jetons ont été émis pour financer la création d’un projet, d’un produit, d’une idée ou encore d’un concept.

Les investisseurs les ont donc achetés car ils croyaient dans le concept ou souhaitaient profiter d’une éventuelle plus-value future.

Il s’agit donc d’un mode de financement alternatif qui a l’avantage d’être beaucoup plus flexible qu’une action ou une obligation.

Tout comme il existe une période de souscription pour les actions à laquelle les particuliers peuvent généralement participer (par exemple récemment pour la Française des Jeux), il existe une phase de souscription pour les jetons.

Par la suite, ces jetons pourront être échangés ou vendus sur un marché non réglementé.

Suite à la bulle des cryptomonnaies fin 2017, les ICO ont connu une croissance sauvage avec certaines dérives.

C’est pour encadrer et restaurer la confiance des investisseurs que la France a donc décider de mettre en place un nouveau régime pour les crypto-actifs encadré par l’AMF dans le cadre de la Loi Pacte d’avril 2018.

Loi Pacte et agrément de l’AMF

Bruno Le Maire ne s’en cache pas, la France est entrée dans l’ère de la modernité.

Si le tournant des années 2000 avec l’émergence des géants de la tech a été quelque peu raté, l’Hexagone entend bien soutenir ses start-ups et aider à l’essor de la fameuse French Tech.

La Loi Pacte d’avril 2018 organise donc un système de visa optionnel pour les ICO.

L’obtention de ce visa implique plusieurs obligations notamment la constitution d’une personne juridique, certaines garanties en matière de sécurité et de sauvegarde des fonds levés ainsi que la conformité avec les réglementations anti-blanchiment.

En contrepartie, les détenteurs du visa gagnent certaines prérogatives dont l’autorisation de faire de la publicité en France et donc de toucher un public plus large.

Dans le cadre de la Loi Pacte, un autre statut a également été mis en place : le statut de Prestataire de Services sur Actifs Numériques ou PSAN.

Cet agrément sera optionnel dans certains cas mais obligatoire pour les plateformes proposant la conversion de cryptomonnaies à monnaie fiat notamment.

À ce jour, aucun visa PSAN n’a encore été délivré mais plusieurs demandes ont été introduites.

Premier visa de l’AMF

C’est la start-up française French-ICO qui est la première à avoir reçu le visa de l’AMF pour sa levée de fonds.

L’Offre Publique de Jetons commencera le 1er mars 2020 et se clôturera le 1er juin.

L’objectif minimum de levée de fonds est de 100 000 euros.

Autant dire que cet objectif devrait être atteint facilement et qu’il est d’ailleurs probable qu’il soit déjà sécurisé.

French-ICO sera une plateforme de levée de fonds en cryptomonnaies et pourrait redynamiser considérablement le marché des ICO en France que certains se sont empressés de qualifier de moribond.

Les ICO et les cryptomonnaies, le mode de financement de demain ?

cryptomonnaies et ICO mode de financement

Si les cryptomonnaies font désormais partie du paysage financier (la capitalisation du Bitcoin est supérieure à 130 milliards de dollars à la fin 2019), les jetons doivent encore faire leurs preuves auprès des investisseurs.

Néanmoins, il est certain que leur souplesse séduit les jeunes entrepreneurs qui sont souvent réticents à lever des fonds via les méthodes traditionnelles.

De l’autre côté de la barrière, on sait que certains ont des sommes considérables en cryptomonnaies qu’ils rechignent à convertir en monnaies fiat.

En outre, le financement via ICO permet d’éviter les questions de taux de change et des frontières.

N’importe qui sur la planète peut, en théorie, investir dans un ICO.

Le financement par ICO pourrait donc permettre de toucher plus d’investisseurs potentiels qu’une levée de fonds classique.

Même si certains ont craint que l’éclatement de la bulle Bitcoin début 2018 ne ruine le marché des ICO, il faut donc plutôt s’en féliciter car cette crise a apporté plus de réalisme et de maturité au marché des cryptomonnaies qui, rappelons-le, n’en est qu’à ses balbutiements.

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