Retraite progressive, Cumul Emploi-Retraite : Les conditions pour rester salarié en retraite ?

Dernière mise à jour le 28 septembre 2020

Vous approchez de l’âge de la retraite mais vous n’êtes pas prêt à arrêter définitivement de travailler ?

Vous aimeriez pouvoir bénéficier d’un complément de revenus une fois à la retraite ?

Vous vous demandez alors s’il est possible d’avoir un emploi tout en étant retraité ? La réponse est oui !

Voici les différentes solutions possibles permettant de travailler pendant sa retraite et d’ainsi toucher un revenu d’activité en plus de sa pension de vieillesse.

La retraite progressive

retraite progressive

En quoi consiste la retraite progressive ?

Beaucoup d’employés mais aussi d’indépendants choisissent la solution de la retraite progressive pour aménager leur fin de carrière et quitter le monde du travail en douceur.

Ce dispositif est accessible aux salariés des secteurs privés et agricoles, aux exploitants agricoles et aux indépendants artisans et commerçants de 60 ans ou plus, ayant cumulé au moins 150 trimestres retraite (quel que soit le régime de retraite de base et le type de trimestre).

A noter que les fonctionnaires et les professionnels libéraux n’ont pas accès à la retraite progressive.

La retraite progressive consiste à réduire son temps de travail de 20 à 60 % par rapport à son précédent temps-plein.

Dans ce cadre, le salarié doit obtenir l’accord de son employeur qui lui octroiera alors un contrat de travail non pas en forfait jours mais en forfaire heures.

Vous êtes déjà salarié à temps-partiel ? Rassurez-vous, la retraite progressive s’applique également à votre situation sans que vous ayez besoin de cet accord de l’employeur.

Toutefois, votre durée de travail dans ce cas doit être comprise entre 80 et 40 % du temps de travail normalement fixé.

Les travailleurs indépendants qui souhaitent passer à la retraite progressive sont quant à eux tenus de réduire leur chiffre d’affaire dans des proportions équivalentes.

Démarrée à 60 ans, une retraite progressive peut être prolongée jusqu’à l’âge de 70 ans.

C’est en effet à partir de cet âge qu’un employeur obtient le droit de mettre un salarié en retraite avec versement d’une indemnité (équivalant à une indemnité de licenciement).

Comment obtenir une retraite progressive ?

Si vous réunissez tous les critères pour avoir droit à la retraite progressive, vous pouvez alors passer à l’étape suivante, à savoir la demande officielle auprès de votre régime de retraite. Les démarches sont très simples.

Pour bénéficier du dispositif de la retraite progressive, il suffit de remplir le formulaire Cerfa n° 10647*07 (avec votre employeur si vous êtes salarié).

Adressez ensuite le formulaire complété à l’un de vos régimes de retraite qui se chargera alors de calculer le montant de la pension de retraite progressive auquel vous aurez droit.

Cette pension vise à compenser la diminution de votre salaire ou de votre chiffre d’affaire.

Elle est calculée à partir de vos droits au moment de votre demande mais aussi sur la base de votre nouveau temps de travail.

Ce montant est revu chaque année au moment de la date anniversaire du début de la retraite progressive, et est modifié si le temps de travail change.

Les avantages de la retraite progressive

La retraite progressive permet non seulement d’obtenir un complément de revenu en plus de sa pension mais aussi de continuer à cotiser pour sa retraite définitive.

En effet, les points de retraite continuent de s’accumuler et viendront s’ajouter aux droits acquis tout au long de votre carrière.

Pour cela, l’employeur peut choisir de faire cotiser son employé uniquement sur la base du nouveau temps de travail partiel, ou bien de faire poursuivre la cotisation sur la base du précédent temps plein.

Cette dernière solution permet d’obtenir le même nombre de points retraite qu’avant la retraite progressive et est donc particulièrement avantageuse.

Le cumul emploi-retraite

cumul emploi retraite

Les principes du cumul emploi-retraite

Mis en place en 2003 avec la loi Fillon, le cumul emploi-retraite (CER) permet de reprendre une activité professionnelle après un départ à la retraite.

Les retraités sont ainsi autorisés à cumuler une pension de vieillesse et un revenu d’activité.

Ce dispositif est choisi par bon nombre de retraités souhaitant arrondir leurs fins de mois et/ou pouvoir apporter leur expertise ou exercer une nouvelle activité professionnelle.

Le cumul emploi-retraite permet donc de s’offrir de nouveaux horizons professionnels tout en restant libre d’aménager son temps.

En fonction du régime de retraite auquel est affilié le retraité qui souhaite exercer un emploi, les règles de calcul de la pension et des salaires ou honoraires perçus diffèrent légèrement.

Contrairement à la retraite progressive, le CER est accessible à tous : aux salariés du secteur privé, aux fonctionnaires, aux travailleurs indépendants mais aussi aux professions libérales.

Dans ce dispositif, on distingue le CER intégral et le CER partiel :

  • Le cumul emploi-retraite intégral

Il est également appelé « Cumul Emploi Retraite déplafonné » et permet de percevoir l’intégralité de ses pensions et revenus d’activité.

Pour en bénéficier, le retraité doit avoir liquidé ses droits au taux plein. Il doit donc avoir cotisé le nombre de trimestres requis par sa génération ou bien être parti à la retraite à l’âge légal de départ (soit 62 ans pour l’instant).

  • Le cumul emploi-retraite partiel

Lorsque le retraité ne remplit pas les conditions d’obtention du taux plein ou qu’il est parti à la retraite de façon anticipée, il n’est pas éligible au CER intégral mais peut toutefois bénéficier du CER partiel.

Dans ce cas, le montant correspondant à sa pension de vieillesse et à son revenu d’activité cumulés est limité à un certain plafond. On parle alors aussi de cumul emploi-retraite plafonné.

Quelques cas de cumul emploi-retraite selon la profession

Employés du secteur privé ou agricole

Si le retraité a atteint l’âge légal et liquidé ses pensions à taux plein, il peut bénéficier du CER intégral et retourner travailler chez son ancien employeur sans délai directement sous le statut de son choix (autoentrepreneur, gérant de société, salarié…).

S’il n’a droit qu’au Cumul Emploi Retraite plafonné, le retraité doit attendre 6 mois avant de reprendre une activité chez son ancien employeur et ses revenus cumulés ne peuvent pas dépasser 160 % du Smic (ou bien la moyenne des trois derniers salaires bruts).

Artisans et commerçants

Les conditions de l’obtention du Cumul Emploi Retraite intégral sont les mêmes.

Toutefois, dans le cadre d’un Cumul Emploi Retraite partiel, les revenus du retraité en activité ne peuvent pas dépasser 40 524 euros par an (en 2019) s’il travaille dans une zone de revitalisation rurale ou un quartier prioritaire.

Si son activité est exercée ailleurs, le montant des revenus CER est limité à maximum 20 262 euros nets par an.

Fonctionnaires

Les fonctionnaires ont droit au CER intégral de la même façon que les salariés du privé et que les artisans et commerçants.

Dans le cadre d’un cumul emploi-retraite plafonné, les nouveaux revenus sont cependant limités à un tiers du montant annuel brut de la pension de vieillesse.

Ce seuil peut être dépassé mais dans ce cas l’excédent est déduit de la pension. Un revenu d’activité au-delà de 31 024,91 euros annuels donne lieu à une suspension de la pension.

Quel contrat de travail pour un retraité ?

Le CER est compatible avec tout type de contrat de travail mais est généralement lié à des contrats à temps partiel permettant de ne pas dépasser les plafonds autorisés.

Le contrat de travail d’un retraité en cumul emploi-retraite peut ainsi s’exécuter sous 2 formes :

  • Avec lien de subordination : dans ce cas, le travailleur est employé pour des missions ponctuelles en CDD, en intérim ou en portage salarial. Lorsqu’il s’agit de missions longues de plus de 18 mois, son contrat prend la forme d’un CDI ou d’un contrat de portage salarial.
  • Sans subordination : il s’agit dans ce cas de contrats de prestations à durée déterminée liés à des besoins ponctuels dans un domaine particulier de l’entreprise. Le contrat de travail peut alors prendre la forme d’un CDD, d’une mission d’intérim, d’un CDI, ou d’un contrat de travailleur freelance.

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